Immigration : et si la faute revenait aux séries télé ?

J’avais dans ma tendre adolescence un carnet. J’y notais proverbes, citations et apophtegmes je trouvais dignes d’intérêt. Je n’y ai jamais marqué le fameux « à toute chose malheur est bon », encore moins le « qui ne risque rien n’a rien ».  Mes péripéties de la semaine dernière m’ont amené à y repenser.

J’ai déménagé récemment, je me suis séparé de mon ancien propriétaire d’un commun accord, même si dans les faits, il était plus d’accord que moi, mais passons. Une fois mes affaires installées, je m’attaque au réglage de mon antenne parabolique sans succès, résigné, j’ai rangé mes clés à pipe et mon escabeau pour me résoudre à me repasser mes vieux dvd.

Pause : pourquoi je ne regarde pas Télé Congo ? Vous voulez rire j’espère…

Au hasard donc je tombe sur la saison 3 de Dexter, et j’ai à peine commencé que je bondis de mon canapé en regardant une scène. Le témoin d’un meurtre, accessoirement petit ami de Debra Morgan (la sœur de Dexter) découvre que suite à la négligence d’un policier, sa sécurité n’a pas été assurée comme elle aurait du l’être et au cours d’un échange violent avec ledit flic, lui assène un crochet du droit.

Vous avez bien lu, un citoyen lambda, civil de surcroît, décroche un coup de poing à un policier en plein commissariat et il ne lui arrive rien du tout.

Il y a une littérature abondante sur les causes de l’immigration clandestine mais pas grand monde n’a traité de l’impact que peut avoir l’anecdote précédente sur un africain désargenté.  Je suis pour ma part prêt à tout essayer pour côtoyer cette « qualité de vie », quitte à devoir cuire de nombreuses heures sous un soleil ardent dans une file d’attente interminable devant une ambassade occidentale. Et s’il le faut je serais prêt à affronter le Sahara, la Méditerranée, à braver la Guardia Civil, à esquiver les balles des policiers marocains qui heureusement sont toujours  aussi nuls dans le tir de précision sur cibles mouvantes, mais on ne sait jamais, ils pourraient s’améliorer…

Entre nous, qui n’a pas envie de vivre ce genre d’expériences ? Traiter un policier d’idiot (bon c’est pas gentil, mais de vous à moi, très peu d’entre eux transpirent l’intelligence) et continuer son chemin tranquille, les mains dans les poches, sans inquiétude pour ses  32 dents ou l’intégrité de son squelette. En vérité  j’adore les polices occidentales. Vous avez agressé,volé, tué ? Qu’importe,vous avez des droits sire ! On vous ferme sagement les bracelets dans le dos et avant l’interrogatoire dans un local non infesté d’urine, vous aurez droit à votre sandwich café au milieu d’agents attendant sagement que vous avaliez votre dernière bouchée.

Parce qu’avec plusieurs millions d’africains, j’ai connu une réalité plutôt décalée. Quand vous avez un problème sérieux en Afrique (disparition d’enfants, violence conjugales, vols avec violence, etc) vous savez d’emblée que la police ne fera rien pour vous.

Entre le paiement des frais d’enquête – vous avez bien lu, au Congo-Brazzaville les policiers demandent à être payés pour enquêter – la prise en charge du carburant pour les déplacements et autres frais, à la fin il ne vous restera plus que des poches et votre désespoir pour pleurer sur ce qui reste de votre problème non résolu.

Angela Merkel est passé récemment au Sénégal, Niger, Mali  et a discuté avec ses homologues en vu de stopper l’immigration illégale à la base.

Mme Merkel, on ne vous l’a pas dit, mais si vous êtes sérieuse, commencez par nous offrir des cellules propres pour nos commissariats  et du déodorant bon marché pour nos gardiens de la paix.

 

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